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Nausicaä de la vallée du vent
Evènement d'importance s'il en est, le célèbre animé de Hayao Miyazaki vient enfin de paraître (après 22 ans d'existence) sur les grands écrans français.
Nausicaä n'est pas un Miyazaki comme les autres, puisqu'en effet c'est son succès qui est à l'origine de la fondation du studio Ghibli, qui rassemble la même équipe et produira dans les années qui suivent Le Château dans le ciel, puis bien entendu l'inévitable et excellentissime Mon voisin Totoro, ainsi qu'une foultitude d'animés qui sont ceux ayant fait la célébrité de Miyazaki-sensei.
Cet excellent film, camarades, est et se veut résolument écologiste (il est d'ailleurs recommandé par le WWF à qui il a été présenté dès sa sortie) ; et son scénario s'inscrit dans un cadre qui semble aujourd'hui bien familier. Il est a noter qu'il a été interdit à sa sortie dans les pays de l'Est pour la vision qu'il donne de l'industrialisation.
Il y a un millier d'années, la civilisation industrielle est arrivée à son
terme : une guerre mondiale employant d'effroyables armes a mis un terme à la domination de l'homme sur la planète. Les survivants se sont isolés dans des cités isolées ou dans quelques communautés clairsemées telles que la Vallée du Vent, où vit la princesse Nausicaä. A cause de la pollution produite par la civilisation, des plantes ont dégénéré et forment à présent une forêt toxique, immense par son étendue et sa hauteur, protégée par de puissants insectes mutants, et dont les humains cherchent désespérément à stopper l'inexorable progression. Malheureusement la plupart d'entre eux n'ont pas bien saisi la leçon et préfèrent se consacrer à la guerre qu'à la compréhension de la nature, courant ainsi à leur propre perte. Mais Nausicaä déborde d'amour à distribuer chez les humains comme chez les insectes, évitant ainsi la destruction de l'humanité par la haine.
J'aurais donc tendance à dire que les clichés écologistes sont présents à peu près partout dans l'histoire. C'est l'industrie qui est la cause du mal dont souffre la planète. Même s'ils tuent sans pitié, animaux et plantes agissent pour le bien commun et ne doivent en aucun cas être dérangés. C'est parce qu'il ne comprend pas et n'écoute pas la nature que l'homme risque à nouveau de disparaître. Les "bons" sont ceux qui adoptent un mode de vie traditionnel et modeste, dans de petites communautés agricoles et artisanales, et non ceux qui cherchent à exhiber les monstres industriels du passé. Enfin, la guerre est contre-productive et marque l'abscence de respect pour la vie.
Cependant ce fait ne nuit fondamentalement pas à la qualité de l'histoire et du film en général, prenant et émouvant comme les autres Miyazaki. La qualité graphique est également à la hauteur des autres productions des studios Ghibli et assez semblable : les dessins des personnages sont proches, notamment les enfants, Nausicaä, ainsi que les vieillards, qui sont amusants et atendrissants, et on retrouve dans la représentation des machines de guerre les formes sombres, boursouflées, laides qu'on peut voir notamment dans Le Château ambulant.
En bref, magnifique :-)
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