<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?><!-- generator="b2evolution/3.3.3" -->
<rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:admin="http://webns.net/mvcb/" xmlns:rdf="http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
	<channel>
		<title>Les blogs chez HurdFR</title>
		<link>http://blogs.hurdfr.org/index.php</link>
		<atom:link rel="self" type="application/rss+xml" href="http://blogs.hurdfr.org/index.php?tempskin=_rss2" />
		<description>Les blogs d'HurdFR</description>
		<language>fr-FR</language>
		<docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>
		<admin:generatorAgent rdf:resource="http://b2evolution.net/?v=3.3.3"/>
		<ttl>60</ttl>
				<item>
			<title>La parallaxe de Suzumiya Haruhi</title>
			<link>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/06/10/la_parallaxe_de_suzumiya_haruhi</link>
			<pubDate>Tue, 10 Jun 2008 01:32:28 +0000</pubDate>			<dc:creator>HappyPeng</dc:creator>
			<category domain="main">Otaku-isme</category>			<guid isPermaLink="false">92@http://blogs.hurdfr.org/</guid>
						<description>&lt;p&gt;On peut, au regard des concepts d&amp;#233;velopp&amp;#233;s par Slavoj Zizek dans &quot;La Parallaxe&quot;, tenter une nouvelle interpr&amp;#233;tation, plus fondamentale, des aventures de Suzumiya Haruhi. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La m&amp;#233;lancolie de Suzumiya Haruhi est due au sentiment de malaise cr&amp;#233;&amp;#233; par l'incompl&amp;#233;tude fondamentale qui nous caract&amp;#233;rise tous. Haruhi part donc &amp;#224; la recherche du grand Autre, r&amp;#233;ponse cens&amp;#233;e venir combler ce vide, ici f&amp;#233;tichis&amp;#233; dans les extra-terrestres, extra-lucides et voyageurs dans le temps. Ce comportement peut &amp;#234;tre vu comme semblable &amp;#224; ceux des individus cherchant la r&amp;#233;ponse &amp;#224; leur malaise constitutif dans la religion, voir, et nous y reviendrons, dans la philosophie et la politique. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cependant, la r&amp;#233;alit&amp;#233; du monde de Haruhi est qu'il n'existe pas de grand Autre, aucun extra-ordinaire comblant les vides ennuyeux de la r&amp;#233;alit&amp;#233;, aucun personnage tirant les ficelles dans l'ombre. Ou plut&amp;#244;t, de fa&amp;#231;on plus importante, que ce grand Autre est Haruhi elle-m&amp;#234;me, ce qui constitue la r&amp;#233;ponse fondamentale : c'est bien elle-m&amp;#234;me qu'elle cherche en voulant r&amp;#233;soudre cette incompl&amp;#233;tude. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Selon ces hypoth&amp;#232;ses, le r&amp;#233;cit de ses aventures peut donc ultimement &amp;#234;tre vu comme celui de la recherche de la V&amp;#233;rit&amp;#233; par les humains, les r&amp;#233;flexions autour de son comportement pr&amp;#233;cisant de fa&amp;#231;on tr&amp;#232;s int&amp;#233;ressantes plusieurs probl&amp;#233;matiques li&amp;#233;es &amp;#224; ce processus.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L'interpr&amp;#233;tation de la fin de la s&amp;#233;rie, o&amp;#249; Haruhi semble trouver son bonheur avec Kyon, reste toujours probl&amp;#233;matique. Il n'existe pas de grand Autre, le manque ne peut donc pas &amp;#234;tre r&amp;#233;ellement combl&amp;#233; par quelque chose d'ext&amp;#233;rieur, donc pas par quelque chose qui soit mat&amp;#233;rialis&amp;#233; dans un f&amp;#233;tiche, m&amp;#234;me humain, comme Kyon. Cependant Kyon n'est pas non plus quelque chose d'ext&amp;#233;rieur, puisqu'il est, comme tous les objets du monde de Haruhi, un produit de son imagination. Il s'agirait donc d'une pure mat&amp;#233;rialisation &amp;#224; figure humaine de la v&amp;#233;ritable r&amp;#233;ponse &amp;#224; son manque, ce qui ferait de Kyon une partie de Haruhi et non un personnage distinct. On peut donc avec un peu d'audace avancer que Kyon et Haruhi ne sont qu'un, qu'il est r&amp;#233;ellement sa moiti&amp;#233;, ce qui n'est pas sans rappeler tout en lui redonnant une piquante nouvelle perspective le &quot;happy end&quot; chr&amp;#233;tien par excellence. Malgr&amp;#233; tout, le fait que Haruhi ne le reconnaisse pas comme tel, puisqu'ils sont clairement toujours deux personnes distinctes, laisse supposer que le probl&amp;#232;me n'est pas r&amp;#233;gl&amp;#233;.&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;item_footer&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;small&gt;&lt;a href=&quot;http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/06/10/la_parallaxe_de_suzumiya_haruhi&quot;&gt;Original post&lt;/a&gt; blogged on &lt;a href=&quot;http://b2evolution.net/&quot;&gt;b2evolution&lt;/a&gt;.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On peut, au regard des concepts d&#233;velopp&#233;s par Slavoj Zizek dans "La Parallaxe", tenter une nouvelle interpr&#233;tation, plus fondamentale, des aventures de Suzumiya Haruhi. </p>

<p>La m&#233;lancolie de Suzumiya Haruhi est due au sentiment de malaise cr&#233;&#233; par l'incompl&#233;tude fondamentale qui nous caract&#233;rise tous. Haruhi part donc &#224; la recherche du grand Autre, r&#233;ponse cens&#233;e venir combler ce vide, ici f&#233;tichis&#233; dans les extra-terrestres, extra-lucides et voyageurs dans le temps. Ce comportement peut &#234;tre vu comme semblable &#224; ceux des individus cherchant la r&#233;ponse &#224; leur malaise constitutif dans la religion, voir, et nous y reviendrons, dans la philosophie et la politique. </p>

<p>Cependant, la r&#233;alit&#233; du monde de Haruhi est qu'il n'existe pas de grand Autre, aucun extra-ordinaire comblant les vides ennuyeux de la r&#233;alit&#233;, aucun personnage tirant les ficelles dans l'ombre. Ou plut&#244;t, de fa&#231;on plus importante, que ce grand Autre est Haruhi elle-m&#234;me, ce qui constitue la r&#233;ponse fondamentale : c'est bien elle-m&#234;me qu'elle cherche en voulant r&#233;soudre cette incompl&#233;tude. </p>

<p>Selon ces hypoth&#232;ses, le r&#233;cit de ses aventures peut donc ultimement &#234;tre vu comme celui de la recherche de la V&#233;rit&#233; par les humains, les r&#233;flexions autour de son comportement pr&#233;cisant de fa&#231;on tr&#232;s int&#233;ressantes plusieurs probl&#233;matiques li&#233;es &#224; ce processus.</p>

<p>L'interpr&#233;tation de la fin de la s&#233;rie, o&#249; Haruhi semble trouver son bonheur avec Kyon, reste toujours probl&#233;matique. Il n'existe pas de grand Autre, le manque ne peut donc pas &#234;tre r&#233;ellement combl&#233; par quelque chose d'ext&#233;rieur, donc pas par quelque chose qui soit mat&#233;rialis&#233; dans un f&#233;tiche, m&#234;me humain, comme Kyon. Cependant Kyon n'est pas non plus quelque chose d'ext&#233;rieur, puisqu'il est, comme tous les objets du monde de Haruhi, un produit de son imagination. Il s'agirait donc d'une pure mat&#233;rialisation &#224; figure humaine de la v&#233;ritable r&#233;ponse &#224; son manque, ce qui ferait de Kyon une partie de Haruhi et non un personnage distinct. On peut donc avec un peu d'audace avancer que Kyon et Haruhi ne sont qu'un, qu'il est r&#233;ellement sa moiti&#233;, ce qui n'est pas sans rappeler tout en lui redonnant une piquante nouvelle perspective le "happy end" chr&#233;tien par excellence. Malgr&#233; tout, le fait que Haruhi ne le reconnaisse pas comme tel, puisqu'ils sont clairement toujours deux personnes distinctes, laisse supposer que le probl&#232;me n'est pas r&#233;gl&#233;.</p><div class="item_footer"><p><small><a href="http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/06/10/la_parallaxe_de_suzumiya_haruhi">Original post</a> blogged on <a href="http://b2evolution.net/">b2evolution</a>.</small></p></div>]]></content:encoded>
								<comments>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/06/10/la_parallaxe_de_suzumiya_haruhi#comments</comments>
			<wfw:commentRss>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/?tempskin=_rss2&#38;disp=comments&#38;p=92</wfw:commentRss>
		</item>
				<item>
			<title>La&#239;cit&#233;</title>
			<link>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/06/01/laicite</link>
			<pubDate>Sun, 01 Jun 2008 21:56:27 +0000</pubDate>			<dc:creator>HappyPeng</dc:creator>
			<category domain="main">Politique</category>			<guid isPermaLink="false">91@http://blogs.hurdfr.org/</guid>
						<description>&lt;p&gt;On ne reconna&amp;#238;t habituellement qu'une religion pose probl&amp;#232;me que lorsqu'elle constitue un risque potentiel pour le syst&amp;#232;me capitaliste lib&amp;#233;ral dans lequel nous vivons. De fait, ces religions ont donc on potentiel subversif.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C'est &amp;#224; cause de celui-ci que les nombreux individus touch&amp;#233;s de plein fouet par le malaise cr&amp;#233;&amp;#233; par cette soci&amp;#233;t&amp;#233; se tournent en nombre de plus en plus important vers ce type de communaut&amp;#233;s religieuses.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Or, qu'est-ce que le processus de la&amp;#239;cisation tel que nous l'entendons dans la bouche des lib&amp;#233;raux, sinon le fait de rendre les religions aptes &amp;#224; rentrer dans le cadre lib&amp;#233;ral, ou, &amp;#224; d&amp;#233;faut, de marginaliser et stigmatiser celles qui ne le feraient pas, leur retirant ainsi tout aspect nocif pour lui ?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce processus peut donc &amp;#234;tre vu comme la condition sine qua non du fonctionnement de l'opium du peuple comme instrument des puissances qui font l'ordre social, m&amp;#234;me si la r&amp;#233;surgence des int&amp;#233;grismes en p&amp;#233;riode de crise nous montre qu'il est de toute fa&amp;#231;on vou&amp;#233; &amp;#224; l'&amp;#233;chec.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L'attitude ambivalente de la la&amp;#239;cit&amp;#233; promue par la droite, qui dit oui &amp;#224;, voir encourage, la croyance qui se veut inconditionnelle, et simultan&amp;#233;ment y porte des restrictions, refl&amp;#232;te d'ailleurs cette contradiction. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour illustrer ceci, on peut prendre l'exemple des lois interdisant &amp;#224; la religion tout caract&amp;#232;re visible en public, par lesquelles on leur enl&amp;#232;ve tout caract&amp;#232;re choquant pour ceux qui n'y prennent pas part, tout en ne faisant rien contre leur effet id&amp;#233;ologique sur les populations concern&amp;#233;es.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La gauche radicale n'a donc aucun int&amp;#233;r&amp;#234;t &amp;#224; aider l'ordre lib&amp;#233;ral &amp;#224; se maintenir en normalisant la religion pour l'int&amp;#233;grer, puis se renforcer, par cette la&amp;#239;cit&amp;#233;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce qu'elle devrait favoriser, c'est la prise de conscience par la classe domin&amp;#233;e du fait que son malaise est d&amp;#251; &amp;#224; la structure de la soci&amp;#233;t&amp;#233; et que le seul moyen d'y rem&amp;#233;dier est la lutte politique permettant de le d&amp;#233;passer. Par cons&amp;#233;quent, la seule la&amp;#239;cit&amp;#233; qu'il ait un sens pour elle de d&amp;#233;fendre est celle qui permette l'&amp;#233;mancipation de chacun, pour parvenir &amp;#224; ce fait.&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;item_footer&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;small&gt;&lt;a href=&quot;http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/06/01/laicite&quot;&gt;Original post&lt;/a&gt; blogged on &lt;a href=&quot;http://b2evolution.net/&quot;&gt;b2evolution&lt;/a&gt;.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On ne reconna&#238;t habituellement qu'une religion pose probl&#232;me que lorsqu'elle constitue un risque potentiel pour le syst&#232;me capitaliste lib&#233;ral dans lequel nous vivons. De fait, ces religions ont donc on potentiel subversif.</p>

<p>C'est &#224; cause de celui-ci que les nombreux individus touch&#233;s de plein fouet par le malaise cr&#233;&#233; par cette soci&#233;t&#233; se tournent en nombre de plus en plus important vers ce type de communaut&#233;s religieuses.</p>

<p>Or, qu'est-ce que le processus de la&#239;cisation tel que nous l'entendons dans la bouche des lib&#233;raux, sinon le fait de rendre les religions aptes &#224; rentrer dans le cadre lib&#233;ral, ou, &#224; d&#233;faut, de marginaliser et stigmatiser celles qui ne le feraient pas, leur retirant ainsi tout aspect nocif pour lui ?</p>

<p>Ce processus peut donc &#234;tre vu comme la condition sine qua non du fonctionnement de l'opium du peuple comme instrument des puissances qui font l'ordre social, m&#234;me si la r&#233;surgence des int&#233;grismes en p&#233;riode de crise nous montre qu'il est de toute fa&#231;on vou&#233; &#224; l'&#233;chec.</p>

<p>L'attitude ambivalente de la la&#239;cit&#233; promue par la droite, qui dit oui &#224;, voir encourage, la croyance qui se veut inconditionnelle, et simultan&#233;ment y porte des restrictions, refl&#232;te d'ailleurs cette contradiction. </p>

<p>Pour illustrer ceci, on peut prendre l'exemple des lois interdisant &#224; la religion tout caract&#232;re visible en public, par lesquelles on leur enl&#232;ve tout caract&#232;re choquant pour ceux qui n'y prennent pas part, tout en ne faisant rien contre leur effet id&#233;ologique sur les populations concern&#233;es.</p>

<p>La gauche radicale n'a donc aucun int&#233;r&#234;t &#224; aider l'ordre lib&#233;ral &#224; se maintenir en normalisant la religion pour l'int&#233;grer, puis se renforcer, par cette la&#239;cit&#233;.</p>

<p>Ce qu'elle devrait favoriser, c'est la prise de conscience par la classe domin&#233;e du fait que son malaise est d&#251; &#224; la structure de la soci&#233;t&#233; et que le seul moyen d'y rem&#233;dier est la lutte politique permettant de le d&#233;passer. Par cons&#233;quent, la seule la&#239;cit&#233; qu'il ait un sens pour elle de d&#233;fendre est celle qui permette l'&#233;mancipation de chacun, pour parvenir &#224; ce fait.</p><div class="item_footer"><p><small><a href="http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/06/01/laicite">Original post</a> blogged on <a href="http://b2evolution.net/">b2evolution</a>.</small></p></div>]]></content:encoded>
								<comments>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/06/01/laicite#comments</comments>
			<wfw:commentRss>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/?tempskin=_rss2&#38;disp=comments&#38;p=91</wfw:commentRss>
		</item>
				<item>
			<title>La grande culture</title>
			<link>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/04/13/la_grande_culture</link>
			<pubDate>Sun, 13 Apr 2008 17:18:09 +0000</pubDate>			<dc:creator>HappyPeng</dc:creator>
			<category domain="main">Politique</category>			<guid isPermaLink="false">90@http://blogs.hurdfr.org/</guid>
						<description>&lt;p&gt;Un conflit d'int&amp;#233;r&amp;#234;ts&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L'hypoth&amp;#232;se de base de cette analyse est que tout acteur social est influenc&amp;#233; de fa&amp;#231;on consciente ou, et c'est tr&amp;#232;s souvent le cas, inconsciente, par la d&amp;#233;fense de ses propres int&amp;#233;r&amp;#234;ts, qui peuvent se traduire comme la d&amp;#233;fense de son pouvoir relativement aux autres acteurs.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le cr&amp;#233;ateur, travailleur sp&amp;#233;cialis&amp;#233;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Un cr&amp;#233;ateur est avant tout un individu qui s'est sp&amp;#233;cialis&amp;#233; dans la cr&amp;#233;ation, de la m&amp;#234;me fa&amp;#231;on que d'autres travailleurs se sp&amp;#233;cialisent dans la m&amp;#233;decine ou la plomberie. La fonction de cr&amp;#233;ateur est donc une cr&amp;#233;ation comme une autre du principe de la division du travail, qui veut que la sp&amp;#233;cialisation augmente la productivit&amp;#233;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Division du travail et effets de monopole&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Selon un principe &amp;#233;conomique d'efficacit&amp;#233; tr&amp;#232;s simple, les individus sp&amp;#233;cialis&amp;#233;s dans la cr&amp;#233;ation &amp;#233;tant, du fait de cette sp&amp;#233;cialisation, bien plus productifs que les autres, le reste de la population tend donc &amp;#224; abandonner la cr&amp;#233;ation pour devenir consommateur des sp&amp;#233;cialistes, ce qui a pour effet de laisser &amp;#224; ces cr&amp;#233;ateurs le monopole de la cr&amp;#233;ation.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ayant acc&amp;#232;s dans une certaine mesure, du fait de leur fonction, &amp;#224; l'instruction et &amp;#224; la communication, et pr&amp;#233;sentant une relative communaut&amp;#233; d'int&amp;#233;r&amp;#234;ts objectifs, ces cr&amp;#233;ateurs d&amp;#233;veloppent une conscience de classe, souvent d'ailleurs partiellement inconsciente, qui les pousse &amp;#224; aligner leurs positions dans le but de la d&amp;#233;fense de leurs int&amp;#233;r&amp;#234;ts.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Tout d'abord, du fait de leur monopole, ils sont indispensables, et peuvent user de ce fait pour augmenter leur pouvoir, comme pouvoir de march&amp;#233;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ensuite, du fait de leur monopole et dans le but de le consolider, ils sont amen&amp;#233;s &amp;#224; d&amp;#233;finir eux-m&amp;#234;mes ce qui est ou n'est pas cr&amp;#233;ation culturelle : ainsi, ils emp&amp;#234;chent l'arriv&amp;#233;e de franc-tireurs, concurrents aux int&amp;#233;r&amp;#234;ts divergeants, organisent la p&amp;#233;nurie en contr&amp;#244;lant leur propre nombre, et moralisent ou mystifient leur pouvoir en ne divulguant pas leurs crit&amp;#232;res de distinction aux individus ext&amp;#233;rieurs.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Culture et domination&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans une soci&amp;#233;t&amp;#233; capitaliste, le seul pouvoir mat&amp;#233;riel direct est le capital, qui est donc la seule ressource mat&amp;#233;riellement indispensable, dont la bourgeoisie d&amp;#233;tient le monopole. De la m&amp;#234;me fa&amp;#231;on que les travailleurs, d&amp;#233;tenant le monopole du travail, doivent sous la forme du salariat passer des accords avec la bourgeoisie pour obtenir du capital, les cr&amp;#233;ateurs doivent passer un contrat avec la bourgeoisie. Si le travail est n&amp;#233;cessaire &amp;#224; la bourgeoisie pour augmenter sa masse de capital, la culture lui est n&amp;#233;cessaire pour masquer la nature de sa domination et donc la renforcer.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La diff&amp;#233;rence de pouvoir entre la bourgeoisie et les travailleurs vient du fait que la possession de capital facilite infiniement plus le d&amp;#233;veloppement d'une conscience de classe que la possession de force de travail dans le monde capitaliste. Cependant, la bourgeoisie et les cr&amp;#233;ateurs sont autant &amp;#224; m&amp;#234;me de d&amp;#233;velopper cette conscience, leur contrat se fait donc sur des bases &amp;#233;galitaires et non de domination. Ainsi, les cr&amp;#233;ateurs servent la bourgeoisie et sa domination, et la bourgeoisie sert les cr&amp;#233;ateurs en reconnaissant leur pouvoir symbolique et en leur fournissant du capital.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Culture l&amp;#233;gitime&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La culture l&amp;#233;gitime est donc celle qui est valid&amp;#233;e par les cr&amp;#233;ateurs. Par la division du travail, elle est reconnue par le peuple, contraint de leur fait confiance. Par effet de monopole des crit&amp;#232;res culturels, il est impossible pour des individus ext&amp;#233;rieurs de la ma&amp;#238;triser : pour qu'il le fasse, un individu doit se sp&amp;#233;cialiser dans cette culture, ce qui a &amp;#233;galement pour effet d'aligner ses int&amp;#233;r&amp;#234;ts objectifs sur ceux des cr&amp;#233;ateurs, de la m&amp;#234;me fa&amp;#231;on qu'un travailleur voulant acqu&amp;#233;rir du capital en masse devient objectivement un capitaliste.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Est alors automatiquement d&amp;#233;fini comme sous culture toute production culturelle qui n'est pas valid&amp;#233;e par les cr&amp;#233;ateurs ; typiquement, toute culture produite par des individus ne partageant pas les int&amp;#233;r&amp;#234;ts objectifs des cr&amp;#233;ateurs, comme des travailleurs effectuant des cr&amp;#233;ations dans le cadre d'un travail salari&amp;#233; ou durant leur temps libre, et mettant donc en p&amp;#233;ril leur monopole.&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;item_footer&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;small&gt;&lt;a href=&quot;http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/04/13/la_grande_culture&quot;&gt;Original post&lt;/a&gt; blogged on &lt;a href=&quot;http://b2evolution.net/&quot;&gt;b2evolution&lt;/a&gt;.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un conflit d'int&#233;r&#234;ts</p>

<p>L'hypoth&#232;se de base de cette analyse est que tout acteur social est influenc&#233; de fa&#231;on consciente ou, et c'est tr&#232;s souvent le cas, inconsciente, par la d&#233;fense de ses propres int&#233;r&#234;ts, qui peuvent se traduire comme la d&#233;fense de son pouvoir relativement aux autres acteurs.</p>

<p>Le cr&#233;ateur, travailleur sp&#233;cialis&#233;</p>

<p>Un cr&#233;ateur est avant tout un individu qui s'est sp&#233;cialis&#233; dans la cr&#233;ation, de la m&#234;me fa&#231;on que d'autres travailleurs se sp&#233;cialisent dans la m&#233;decine ou la plomberie. La fonction de cr&#233;ateur est donc une cr&#233;ation comme une autre du principe de la division du travail, qui veut que la sp&#233;cialisation augmente la productivit&#233;.</p>

<p>Division du travail et effets de monopole</p>

<p>Selon un principe &#233;conomique d'efficacit&#233; tr&#232;s simple, les individus sp&#233;cialis&#233;s dans la cr&#233;ation &#233;tant, du fait de cette sp&#233;cialisation, bien plus productifs que les autres, le reste de la population tend donc &#224; abandonner la cr&#233;ation pour devenir consommateur des sp&#233;cialistes, ce qui a pour effet de laisser &#224; ces cr&#233;ateurs le monopole de la cr&#233;ation.</p>

<p>Ayant acc&#232;s dans une certaine mesure, du fait de leur fonction, &#224; l'instruction et &#224; la communication, et pr&#233;sentant une relative communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts objectifs, ces cr&#233;ateurs d&#233;veloppent une conscience de classe, souvent d'ailleurs partiellement inconsciente, qui les pousse &#224; aligner leurs positions dans le but de la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts.</p>

<p>Tout d'abord, du fait de leur monopole, ils sont indispensables, et peuvent user de ce fait pour augmenter leur pouvoir, comme pouvoir de march&#233;.</p>

<p>Ensuite, du fait de leur monopole et dans le but de le consolider, ils sont amen&#233;s &#224; d&#233;finir eux-m&#234;mes ce qui est ou n'est pas cr&#233;ation culturelle : ainsi, ils emp&#234;chent l'arriv&#233;e de franc-tireurs, concurrents aux int&#233;r&#234;ts divergeants, organisent la p&#233;nurie en contr&#244;lant leur propre nombre, et moralisent ou mystifient leur pouvoir en ne divulguant pas leurs crit&#232;res de distinction aux individus ext&#233;rieurs.</p>

<p>Culture et domination</p>

<p>Dans une soci&#233;t&#233; capitaliste, le seul pouvoir mat&#233;riel direct est le capital, qui est donc la seule ressource mat&#233;riellement indispensable, dont la bourgeoisie d&#233;tient le monopole. De la m&#234;me fa&#231;on que les travailleurs, d&#233;tenant le monopole du travail, doivent sous la forme du salariat passer des accords avec la bourgeoisie pour obtenir du capital, les cr&#233;ateurs doivent passer un contrat avec la bourgeoisie. Si le travail est n&#233;cessaire &#224; la bourgeoisie pour augmenter sa masse de capital, la culture lui est n&#233;cessaire pour masquer la nature de sa domination et donc la renforcer.</p>

<p>La diff&#233;rence de pouvoir entre la bourgeoisie et les travailleurs vient du fait que la possession de capital facilite infiniement plus le d&#233;veloppement d'une conscience de classe que la possession de force de travail dans le monde capitaliste. Cependant, la bourgeoisie et les cr&#233;ateurs sont autant &#224; m&#234;me de d&#233;velopper cette conscience, leur contrat se fait donc sur des bases &#233;galitaires et non de domination. Ainsi, les cr&#233;ateurs servent la bourgeoisie et sa domination, et la bourgeoisie sert les cr&#233;ateurs en reconnaissant leur pouvoir symbolique et en leur fournissant du capital.</p>

<p>Culture l&#233;gitime</p>

<p>La culture l&#233;gitime est donc celle qui est valid&#233;e par les cr&#233;ateurs. Par la division du travail, elle est reconnue par le peuple, contraint de leur fait confiance. Par effet de monopole des crit&#232;res culturels, il est impossible pour des individus ext&#233;rieurs de la ma&#238;triser : pour qu'il le fasse, un individu doit se sp&#233;cialiser dans cette culture, ce qui a &#233;galement pour effet d'aligner ses int&#233;r&#234;ts objectifs sur ceux des cr&#233;ateurs, de la m&#234;me fa&#231;on qu'un travailleur voulant acqu&#233;rir du capital en masse devient objectivement un capitaliste.</p>

<p>Est alors automatiquement d&#233;fini comme sous culture toute production culturelle qui n'est pas valid&#233;e par les cr&#233;ateurs ; typiquement, toute culture produite par des individus ne partageant pas les int&#233;r&#234;ts objectifs des cr&#233;ateurs, comme des travailleurs effectuant des cr&#233;ations dans le cadre d'un travail salari&#233; ou durant leur temps libre, et mettant donc en p&#233;ril leur monopole.</p><div class="item_footer"><p><small><a href="http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/04/13/la_grande_culture">Original post</a> blogged on <a href="http://b2evolution.net/">b2evolution</a>.</small></p></div>]]></content:encoded>
								<comments>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/04/13/la_grande_culture#comments</comments>
			<wfw:commentRss>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/?tempskin=_rss2&#38;disp=comments&#38;p=90</wfw:commentRss>
		</item>
				<item>
			<title>Le monde de Haruhi</title>
			<link>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/04/06/le_monde_de_haruhi</link>
			<pubDate>Sun, 06 Apr 2008 20:13:19 +0000</pubDate>			<dc:creator>HappyPeng</dc:creator>
			<category domain="main">Otaku-isme</category>			<guid isPermaLink="false">89@http://blogs.hurdfr.org/</guid>
						<description>&lt;p&gt;(O&amp;#249; le lecteur apprendra avec stup&amp;#233;faction qu'il est possible de r&amp;#233;fl&amp;#233;chir s&amp;#233;rieusement sur le monde &amp;#224; partir de l'animation japonaise.)&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Suzumiya Haruhi est une jeune lyc&amp;#233;enne, belle, intelligente et sportive. Son probl&amp;#232;me : elle s'ennuie. Aucune des activit&amp;#233;s propos&amp;#233;es &amp;#224; ses camarades ne lui convient, et, &amp;#224; longueur de journ&amp;#233;e, elle ne r&amp;#234;ve que d'extraordinaire : rencontrer des aliens, des voyageurs dans le temps ou des individus dot&amp;#233;s de perceptions extra-sensorielles. Elle d&amp;#233;cide donc de cr&amp;#233;er un club dont le but est de rechercher parmis les &amp;#233;v&amp;#232;nements de la vie quotidienne des &amp;#233;l&amp;#233;ments permettant de remonter &amp;#224; ces &amp;#233;l&amp;#233;ments extraordinaires. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cependant, au cours du r&amp;#233;cit, le spectateur apprend que ce monde dans lequel Haruhi vit n'est en fait que le produit de son imagination, cr&amp;#233;&amp;#233; pour combler son ennui ; mais qu'il est impossible de le lui r&amp;#233;v&amp;#233;ler directement sans provoquer la destruction de ce monde, ce qui aurait de graves cons&amp;#233;quences sur son esprit. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La jeune fille se retrouve donc dans une qu&amp;#234;te d&amp;#233;sesp&amp;#233;r&amp;#233;e d'aliens, de voyageurs dans le temps et d'extra-lucides dans un monde dans lequel sa propre imagination les a plac&amp;#233;s, mais dont le r&amp;#244;le est pr&amp;#233;cis&amp;#233;ment de se cacher &amp;#224; tout prix, car leur d&amp;#233;couverte effective provoquerait la d&amp;#233;couverte de la v&amp;#233;rit&amp;#233; et donc l'effondrement de ce monde. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La s&amp;#233;rie s'ach&amp;#232;ve par l'apaisement de Haruhi par le seul vrai &amp;#233;l&amp;#233;ment extra-ordinaire qu'il lui est possible de d&amp;#233;couvrir : l'amour.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La particularit&amp;#233; de cet anime est d'illustrer les propos de Hiroki Azuma dans &quot;G&amp;#233;n&amp;#233;ration Otaku&quot;. Il y explique qu'apr&amp;#232;s l'abandon des grands r&amp;#233;cits transcendants, qui permettaient autrefois d'expliquer la multitude de petits r&amp;#233;cits constituant la vie, les individus se sont mis &amp;#224; tenter de retrouver ces grands r&amp;#233;cits &amp;#224; travers les petits, quitte &amp;#224; en cr&amp;#233;er de toutes pi&amp;#232;ces des fictifs. Cependant, comme ils sont factices, les individus en question ne peuvent les trouver ; pire, s'ils les trouvent, c'est que la fronti&amp;#232;re entre r&amp;#233;el est irr&amp;#233;el est tomb&amp;#233;e dans leur esprit, et donc qu'ils sont devenus fous.  Ils sont donc condamn&amp;#233;s &amp;#224; les croire, sans poursuivre cette croyance jusqu'au bout. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ainsi, ne trouvant aucun sens &amp;#224; sa vie, Haruhi cr&amp;#233;e un monde imaginaire dans lequel des causes extra-ordinaires se cachent derri&amp;#232;re des &amp;#233;v&amp;#232;nements banals ; cependant, pour &amp;#233;viter son effondrement psychique, elle ne peut les y trouver, ce qui provoque &amp;#233;galement son d&amp;#233;sespoir, et donc aussi un effondrement potentiel.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le point de comparaison &amp;#233;voqu&amp;#233; par Azuma est l'&amp;#233;tude men&amp;#233;e par Slavoj Zizek des soutiens sovi&amp;#233;tiques au r&amp;#233;gime stalinien. Ces cadres &amp;#233;taient en quelque sorte condamn&amp;#233;s &amp;#224; croire au grand r&amp;#233;cit que constituait l'id&amp;#233;ologie du syst&amp;#232;me ; s'ils en doutaient, non seulement l'ensemble de leurs certitudes et convictions s'effondraient, mais en plus ils risquaient leur vie, ainsi qu'une &amp;#233;ventuelle guerre civile en cas d'&amp;#233;croulement de l'autorit&amp;#233; de l'&amp;#201;tat. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cependant, &amp;#224; la fois la r&amp;#233;alit&amp;#233;, ne correspondant pas aux pr&amp;#233;dictions &amp;#233;nonc&amp;#233;es, ainsi que l'id&amp;#233;ologie marxiste elle-m&amp;#234;me, les emp&amp;#234;chaient d'y croire totalement. En effet, le parxisme pr&amp;#244;ne notamment le refus de la domination d'une classe sur une autre, ce que les dirigeants du Parti pratiquaient en URSS tout en se disant marxistes. L'id&amp;#233;ologie elle-m&amp;#234;me aurait donc d&amp;#251; pousser le peuple &amp;#224; se r&amp;#233;volter, ce que les cadres staliniens ne souhaitaient pas.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pris dans cette situation o&amp;#249; ils doivent croire sans croire totalement, les individus sont pouss&amp;#233;s au cynisme, c'est-&amp;#224;-dire &amp;#224; un mode de vie dans lequel ils &amp;#233;voluent, voir tirent parti, sans se poser de questions, pour &amp;#233;viter de remettre en question l'ordre social. Pour Azuma, de fa&amp;#231;on m&amp;#233;taphorique, et avec des intensit&amp;#233;s et enjeux diff&amp;#233;rents, ce dilemme est &amp;#233;galement celui des otakus &quot;vivant&quot; dans leur monde artificiel, le monde r&amp;#233;el n'offrant plus aucun sens &amp;#224; leur vie. Haruhi offre donc une  all&amp;#233;gorie de ce type de probl&amp;#233;matique.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Enfin, si la conclusion de cette histoire, c'est-&amp;#224;-dire l'oubli par Haruhi de son ennui gr&amp;#226;ce &amp;#224; la rencontre de l'amour, peut passer pour un happy end hollywoodien tranchant le probl&amp;#232;me de mani&amp;#232;re d&amp;#233;finitive mais banale, il soul&amp;#232;ve tout de m&amp;#234;me une question.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans l'imaginaire classique, la d&amp;#233;couverte d'une transcendance, comme l'amour, est un moyen de mettre fin au monde imaginaire, qui permettait jusque l&amp;#224; d'&amp;#233;chapper au r&amp;#233;el, en redonnant du sens &amp;#224; la r&amp;#233;alit&amp;#233;. Air TV, autre s&amp;#233;rie d'animation r&amp;#233;alis&amp;#233;e par le studio Kyoto Animation, illustre dans l'une de ses sous-histoires, consacr&amp;#233;e &amp;#224; la jeune Minagi, ce principe.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour &amp;#233;chapper &amp;#224; la r&amp;#233;alit&amp;#233;, dans laquelle la plus jeune fille de la famille, Michiru, est d&amp;#233;c&amp;#233;d&amp;#233;e, Minagi et sa m&amp;#232;re vivent dans un monde imaginaire dans lequel Minagi est en fait Michiru, et o&amp;#249; Minagi est partie rejoindre son p&amp;#232;re dans une ville lointaine. Cependant, r&amp;#233;alisant le caract&amp;#232;re malsain et triste de la situation, Yukito, le h&amp;#233;ros de l'histoire, fait red&amp;#233;couvrir &amp;#224; Minagi et sa m&amp;#232;re l'amour qu'elles &amp;#233;prouvent l'une pour l'autre, ce qui a pour effet de mettre un terme &amp;#224; l'illusion. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mais, concernant Haruhi, le but de la d&amp;#233;couverte de l'amour n'est absolument pas de sortir de ce monde que son esprit a cr&amp;#233;&amp;#233; ; au contraire, son r&amp;#244;le est de lui faire oublier &amp;#224; la fois sa recherche d'&amp;#233;l&amp;#233;ments qui lui prouveraient son caract&amp;#232;re factice ainsi que son insatisfaction, qui auraient pu mener &amp;#224; sa destruction. L'amour renforce donc le monde imaginaire au lieu de le d&amp;#233;truire.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ainsi, dans Air TV, un choc, une r&amp;#233;volution, peut bouleverser le monde en brisant le mirage pour l'amener &amp;#224; une situation meilleure ; mais dans Haruhi, en dehors du r&amp;#234;ve, il n'y a que l'obscurit&amp;#233;, et on doit donc &amp;#224; tout prix s'y accrocher : la r&amp;#233;volution est impensable.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Voil&amp;#224; qui nous emm&amp;#232;nera sur une r&amp;#233;flexion future sur le cynisme moderne et le &quot;There Is No Alternative&quot; thatch&amp;#233;rien compar&amp;#233; aux les r&amp;#233;sistances anti-capitalistes et anti-staliniennes de la guerre froide. Otanoshimini !&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;item_footer&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;small&gt;&lt;a href=&quot;http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/04/06/le_monde_de_haruhi&quot;&gt;Original post&lt;/a&gt; blogged on &lt;a href=&quot;http://b2evolution.net/&quot;&gt;b2evolution&lt;/a&gt;.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>(O&#249; le lecteur apprendra avec stup&#233;faction qu'il est possible de r&#233;fl&#233;chir s&#233;rieusement sur le monde &#224; partir de l'animation japonaise.)</p>

<p>Suzumiya Haruhi est une jeune lyc&#233;enne, belle, intelligente et sportive. Son probl&#232;me : elle s'ennuie. Aucune des activit&#233;s propos&#233;es &#224; ses camarades ne lui convient, et, &#224; longueur de journ&#233;e, elle ne r&#234;ve que d'extraordinaire : rencontrer des aliens, des voyageurs dans le temps ou des individus dot&#233;s de perceptions extra-sensorielles. Elle d&#233;cide donc de cr&#233;er un club dont le but est de rechercher parmis les &#233;v&#232;nements de la vie quotidienne des &#233;l&#233;ments permettant de remonter &#224; ces &#233;l&#233;ments extraordinaires. </p>

<p>Cependant, au cours du r&#233;cit, le spectateur apprend que ce monde dans lequel Haruhi vit n'est en fait que le produit de son imagination, cr&#233;&#233; pour combler son ennui ; mais qu'il est impossible de le lui r&#233;v&#233;ler directement sans provoquer la destruction de ce monde, ce qui aurait de graves cons&#233;quences sur son esprit. </p>

<p>La jeune fille se retrouve donc dans une qu&#234;te d&#233;sesp&#233;r&#233;e d'aliens, de voyageurs dans le temps et d'extra-lucides dans un monde dans lequel sa propre imagination les a plac&#233;s, mais dont le r&#244;le est pr&#233;cis&#233;ment de se cacher &#224; tout prix, car leur d&#233;couverte effective provoquerait la d&#233;couverte de la v&#233;rit&#233; et donc l'effondrement de ce monde. </p>

<p>La s&#233;rie s'ach&#232;ve par l'apaisement de Haruhi par le seul vrai &#233;l&#233;ment extra-ordinaire qu'il lui est possible de d&#233;couvrir : l'amour.</p>

<p>La particularit&#233; de cet anime est d'illustrer les propos de Hiroki Azuma dans "G&#233;n&#233;ration Otaku". Il y explique qu'apr&#232;s l'abandon des grands r&#233;cits transcendants, qui permettaient autrefois d'expliquer la multitude de petits r&#233;cits constituant la vie, les individus se sont mis &#224; tenter de retrouver ces grands r&#233;cits &#224; travers les petits, quitte &#224; en cr&#233;er de toutes pi&#232;ces des fictifs. Cependant, comme ils sont factices, les individus en question ne peuvent les trouver ; pire, s'ils les trouvent, c'est que la fronti&#232;re entre r&#233;el est irr&#233;el est tomb&#233;e dans leur esprit, et donc qu'ils sont devenus fous.  Ils sont donc condamn&#233;s &#224; les croire, sans poursuivre cette croyance jusqu'au bout. </p>

<p>Ainsi, ne trouvant aucun sens &#224; sa vie, Haruhi cr&#233;e un monde imaginaire dans lequel des causes extra-ordinaires se cachent derri&#232;re des &#233;v&#232;nements banals ; cependant, pour &#233;viter son effondrement psychique, elle ne peut les y trouver, ce qui provoque &#233;galement son d&#233;sespoir, et donc aussi un effondrement potentiel.</p>

<p>Le point de comparaison &#233;voqu&#233; par Azuma est l'&#233;tude men&#233;e par Slavoj Zizek des soutiens sovi&#233;tiques au r&#233;gime stalinien. Ces cadres &#233;taient en quelque sorte condamn&#233;s &#224; croire au grand r&#233;cit que constituait l'id&#233;ologie du syst&#232;me ; s'ils en doutaient, non seulement l'ensemble de leurs certitudes et convictions s'effondraient, mais en plus ils risquaient leur vie, ainsi qu'une &#233;ventuelle guerre civile en cas d'&#233;croulement de l'autorit&#233; de l'&#201;tat. </p>

<p>Cependant, &#224; la fois la r&#233;alit&#233;, ne correspondant pas aux pr&#233;dictions &#233;nonc&#233;es, ainsi que l'id&#233;ologie marxiste elle-m&#234;me, les emp&#234;chaient d'y croire totalement. En effet, le parxisme pr&#244;ne notamment le refus de la domination d'une classe sur une autre, ce que les dirigeants du Parti pratiquaient en URSS tout en se disant marxistes. L'id&#233;ologie elle-m&#234;me aurait donc d&#251; pousser le peuple &#224; se r&#233;volter, ce que les cadres staliniens ne souhaitaient pas.</p>

<p>Pris dans cette situation o&#249; ils doivent croire sans croire totalement, les individus sont pouss&#233;s au cynisme, c'est-&#224;-dire &#224; un mode de vie dans lequel ils &#233;voluent, voir tirent parti, sans se poser de questions, pour &#233;viter de remettre en question l'ordre social. Pour Azuma, de fa&#231;on m&#233;taphorique, et avec des intensit&#233;s et enjeux diff&#233;rents, ce dilemme est &#233;galement celui des otakus "vivant" dans leur monde artificiel, le monde r&#233;el n'offrant plus aucun sens &#224; leur vie. Haruhi offre donc une  all&#233;gorie de ce type de probl&#233;matique.</p>

<p>Enfin, si la conclusion de cette histoire, c'est-&#224;-dire l'oubli par Haruhi de son ennui gr&#226;ce &#224; la rencontre de l'amour, peut passer pour un happy end hollywoodien tranchant le probl&#232;me de mani&#232;re d&#233;finitive mais banale, il soul&#232;ve tout de m&#234;me une question.</p>

<p>Dans l'imaginaire classique, la d&#233;couverte d'une transcendance, comme l'amour, est un moyen de mettre fin au monde imaginaire, qui permettait jusque l&#224; d'&#233;chapper au r&#233;el, en redonnant du sens &#224; la r&#233;alit&#233;. Air TV, autre s&#233;rie d'animation r&#233;alis&#233;e par le studio Kyoto Animation, illustre dans l'une de ses sous-histoires, consacr&#233;e &#224; la jeune Minagi, ce principe.</p>

<p>Pour &#233;chapper &#224; la r&#233;alit&#233;, dans laquelle la plus jeune fille de la famille, Michiru, est d&#233;c&#233;d&#233;e, Minagi et sa m&#232;re vivent dans un monde imaginaire dans lequel Minagi est en fait Michiru, et o&#249; Minagi est partie rejoindre son p&#232;re dans une ville lointaine. Cependant, r&#233;alisant le caract&#232;re malsain et triste de la situation, Yukito, le h&#233;ros de l'histoire, fait red&#233;couvrir &#224; Minagi et sa m&#232;re l'amour qu'elles &#233;prouvent l'une pour l'autre, ce qui a pour effet de mettre un terme &#224; l'illusion. </p>

<p>Mais, concernant Haruhi, le but de la d&#233;couverte de l'amour n'est absolument pas de sortir de ce monde que son esprit a cr&#233;&#233; ; au contraire, son r&#244;le est de lui faire oublier &#224; la fois sa recherche d'&#233;l&#233;ments qui lui prouveraient son caract&#232;re factice ainsi que son insatisfaction, qui auraient pu mener &#224; sa destruction. L'amour renforce donc le monde imaginaire au lieu de le d&#233;truire.</p>

<p>Ainsi, dans Air TV, un choc, une r&#233;volution, peut bouleverser le monde en brisant le mirage pour l'amener &#224; une situation meilleure ; mais dans Haruhi, en dehors du r&#234;ve, il n'y a que l'obscurit&#233;, et on doit donc &#224; tout prix s'y accrocher : la r&#233;volution est impensable.</p>

<p>Voil&#224; qui nous emm&#232;nera sur une r&#233;flexion future sur le cynisme moderne et le "There Is No Alternative" thatch&#233;rien compar&#233; aux les r&#233;sistances anti-capitalistes et anti-staliniennes de la guerre froide. Otanoshimini !</p><div class="item_footer"><p><small><a href="http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/04/06/le_monde_de_haruhi">Original post</a> blogged on <a href="http://b2evolution.net/">b2evolution</a>.</small></p></div>]]></content:encoded>
								<comments>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/04/06/le_monde_de_haruhi#comments</comments>
			<wfw:commentRss>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/?tempskin=_rss2&#38;disp=comments&#38;p=89</wfw:commentRss>
		</item>
				<item>
			<title>Niveaux d'abstraction</title>
			<link>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/03/30/niveaux_d_abstraction</link>
			<pubDate>Sun, 30 Mar 2008 18:38:26 +0000</pubDate>			<dc:creator>HappyPeng</dc:creator>
			<category domain="main">Otaku-isme</category>			<guid isPermaLink="false">88@http://blogs.hurdfr.org/</guid>
						<description>&lt;p&gt;Le niveau 0 d'abstraction est form&amp;#233; par ceux qui raisonnent uniquement &amp;#224; partir de situations concr&amp;#232;tes particuli&amp;#232;res, r&amp;#233;elles ou directement imaginables.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le niveau 1 est celui des individus capables &amp;#224; partir de situations concr&amp;#232;tes r&amp;#233;elles ou directement imaginables d'extraire des mod&amp;#232;les abstraits permettant de comprendre des m&amp;#233;canismes g&amp;#233;n&amp;#233;raux et de les appliquer &amp;#224; la pr&amp;#233;vision ou &amp;#224; l'&amp;#233;tude de nouvelles situations. C'est celui de l'ing&amp;#233;nieur. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le niveau 2 regroupe ceux qui peuvent appliquer les comp&amp;#233;tences de niveau 1 &amp;#224; des univers non r&amp;#233;els et de rendre perm&amp;#233;ables les r&amp;#233;flexions issues de chacun d'entre eux. C'est le niveau du geek.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les individus du niveau 2 sont, par exemple, les math&amp;#233;maticiens capables de raisonner sur des objets artificiels n'ayant aucune base intuitive, puis &amp;#233;ventuellement de leur trouver un sens et une utilit&amp;#233; dans le domaine du concret ; les informaticiens capables de consid&amp;#233;rer leurs moyens mat&amp;#233;riels de fa&amp;#231;on ind&amp;#233;pendante de leur usage afin d'en cr&amp;#233;er de compl&amp;#232;tement nouveaux ; les po&amp;#232;tes capables de s'&amp;#233;mouvoir ou de faire s'&amp;#233;mouvoir &amp;#224; partir d'expressions ne d&amp;#233;crivant aucune r&amp;#233;alit&amp;#233; concr&amp;#232;te.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les membres du niveau 3 enfin consid&amp;#232;rent la r&amp;#233;alit&amp;#233; uniquement comme un parmis d'autres des univers envisag&amp;#233;s par ceux qui poss&amp;#232;dent les comp&amp;#233;tences de niveau 2, ce qui a pour effet de les placer en dehors du r&amp;#233;el. C'est le niveau du fou.&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;item_footer&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;small&gt;&lt;a href=&quot;http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/03/30/niveaux_d_abstraction&quot;&gt;Original post&lt;/a&gt; blogged on &lt;a href=&quot;http://b2evolution.net/&quot;&gt;b2evolution&lt;/a&gt;.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le niveau 0 d'abstraction est form&#233; par ceux qui raisonnent uniquement &#224; partir de situations concr&#232;tes particuli&#232;res, r&#233;elles ou directement imaginables.</p>

<p>Le niveau 1 est celui des individus capables &#224; partir de situations concr&#232;tes r&#233;elles ou directement imaginables d'extraire des mod&#232;les abstraits permettant de comprendre des m&#233;canismes g&#233;n&#233;raux et de les appliquer &#224; la pr&#233;vision ou &#224; l'&#233;tude de nouvelles situations. C'est celui de l'ing&#233;nieur. </p>

<p>Le niveau 2 regroupe ceux qui peuvent appliquer les comp&#233;tences de niveau 1 &#224; des univers non r&#233;els et de rendre perm&#233;ables les r&#233;flexions issues de chacun d'entre eux. C'est le niveau du geek.</p>

<p>Les individus du niveau 2 sont, par exemple, les math&#233;maticiens capables de raisonner sur des objets artificiels n'ayant aucune base intuitive, puis &#233;ventuellement de leur trouver un sens et une utilit&#233; dans le domaine du concret ; les informaticiens capables de consid&#233;rer leurs moyens mat&#233;riels de fa&#231;on ind&#233;pendante de leur usage afin d'en cr&#233;er de compl&#232;tement nouveaux ; les po&#232;tes capables de s'&#233;mouvoir ou de faire s'&#233;mouvoir &#224; partir d'expressions ne d&#233;crivant aucune r&#233;alit&#233; concr&#232;te.</p>

<p>Les membres du niveau 3 enfin consid&#232;rent la r&#233;alit&#233; uniquement comme un parmis d'autres des univers envisag&#233;s par ceux qui poss&#232;dent les comp&#233;tences de niveau 2, ce qui a pour effet de les placer en dehors du r&#233;el. C'est le niveau du fou.</p><div class="item_footer"><p><small><a href="http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/03/30/niveaux_d_abstraction">Original post</a> blogged on <a href="http://b2evolution.net/">b2evolution</a>.</small></p></div>]]></content:encoded>
								<comments>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/03/30/niveaux_d_abstraction#comments</comments>
			<wfw:commentRss>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/?tempskin=_rss2&#38;disp=comments&#38;p=88</wfw:commentRss>
		</item>
				<item>
			<title>Moe</title>
			<link>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/03/28/moe</link>
			<pubDate>Thu, 27 Mar 2008 23:17:19 +0000</pubDate>			<dc:creator>HappyPeng</dc:creator>
			<category domain="main">Otaku-isme</category>			<guid isPermaLink="false">87@http://blogs.hurdfr.org/</guid>
						<description>&lt;p&gt;Depuis toujours les oeuvres, par exemple litt&amp;#233;raires ou cin&amp;#233;matographiques, suscitent en nous des &amp;#233;motions, comme le rire, la peur, l'attendrissement... Comme elles ne sont pas li&amp;#233;es &amp;#224; une situation r&amp;#233;elle dans laquelle se trouverait le spectateur mais d&amp;#233;clench&amp;#233;es par son observation via des images, des sons ou des mots, on peut dire qu'elles sont produites artificiellement.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Classiquement, une oeuvre est cens&amp;#233;e &amp;#233;clairer notre vision du monde. Autrement dit, les s&amp;#233;quences provoquant des &amp;#233;motions ainsi qu'&amp;#233;ventuellement d'autres faisant appel &amp;#224; notre raison, doivent s'articuler dans ce but, conscient ou inconscient.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cependant, il est clair dans le contexte du divertissement, o&amp;#249; le but intellectuel est n&amp;#233;glig&amp;#233; et o&amp;#249; l'objectif est de prendre du plaisir en regardant l'oeuvre, que c'est le nombre et l'intensit&amp;#233; des s&amp;#233;quences &amp;#224; contenu &amp;#233;motionnel qui font le succ&amp;#232;s, ph&amp;#233;nom&amp;#232;ne cr&amp;#233;&amp;#233; ou renforc&amp;#233; par le syst&amp;#232;me &amp;#233;conomique en vigueur.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il devient donc naturel pour les producteurs d'oeuvres d'&amp;#233;tudier les m&amp;#233;canismes de cr&amp;#233;ation de l'&amp;#233;motion en vue d'optimiser, de maximiser leur fonctionnement. Aujourd'hui, ces m&amp;#233;thodes sont largement appliqu&amp;#233;es aux oeuvres grand public &amp;#224; fort succ&amp;#232;s, ainsi m&amp;#234;me qu'au travail journalistique, notamment t&amp;#233;l&amp;#233;vis&amp;#233;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On peut ainsi d&amp;#233;finir le moe comme une cat&amp;#233;gorie de dessins anim&amp;#233;s dont le but principal est de maximiser par tous les moyens disponibles la cr&amp;#233;ation d'&amp;#233;motions chez les spectateurs.&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;item_footer&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;small&gt;&lt;a href=&quot;http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/03/28/moe&quot;&gt;Original post&lt;/a&gt; blogged on &lt;a href=&quot;http://b2evolution.net/&quot;&gt;b2evolution&lt;/a&gt;.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis toujours les oeuvres, par exemple litt&#233;raires ou cin&#233;matographiques, suscitent en nous des &#233;motions, comme le rire, la peur, l'attendrissement... Comme elles ne sont pas li&#233;es &#224; une situation r&#233;elle dans laquelle se trouverait le spectateur mais d&#233;clench&#233;es par son observation via des images, des sons ou des mots, on peut dire qu'elles sont produites artificiellement.</p>

<p>Classiquement, une oeuvre est cens&#233;e &#233;clairer notre vision du monde. Autrement dit, les s&#233;quences provoquant des &#233;motions ainsi qu'&#233;ventuellement d'autres faisant appel &#224; notre raison, doivent s'articuler dans ce but, conscient ou inconscient.</p>

<p>Cependant, il est clair dans le contexte du divertissement, o&#249; le but intellectuel est n&#233;glig&#233; et o&#249; l'objectif est de prendre du plaisir en regardant l'oeuvre, que c'est le nombre et l'intensit&#233; des s&#233;quences &#224; contenu &#233;motionnel qui font le succ&#232;s, ph&#233;nom&#232;ne cr&#233;&#233; ou renforc&#233; par le syst&#232;me &#233;conomique en vigueur.</p>

<p>Il devient donc naturel pour les producteurs d'oeuvres d'&#233;tudier les m&#233;canismes de cr&#233;ation de l'&#233;motion en vue d'optimiser, de maximiser leur fonctionnement. Aujourd'hui, ces m&#233;thodes sont largement appliqu&#233;es aux oeuvres grand public &#224; fort succ&#232;s, ainsi m&#234;me qu'au travail journalistique, notamment t&#233;l&#233;vis&#233;.</p>

<p>On peut ainsi d&#233;finir le moe comme une cat&#233;gorie de dessins anim&#233;s dont le but principal est de maximiser par tous les moyens disponibles la cr&#233;ation d'&#233;motions chez les spectateurs.</p><div class="item_footer"><p><small><a href="http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/03/28/moe">Original post</a> blogged on <a href="http://b2evolution.net/">b2evolution</a>.</small></p></div>]]></content:encoded>
								<comments>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/03/28/moe#comments</comments>
			<wfw:commentRss>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/?tempskin=_rss2&#38;disp=comments&#38;p=87</wfw:commentRss>
		</item>
				<item>
			<title>Libert&#233; conditionn&#233;e</title>
			<link>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/03/22/liberte_conditionnee</link>
			<pubDate>Sat, 22 Mar 2008 15:16:37 +0000</pubDate>			<dc:creator>HappyPeng</dc:creator>
			<category domain="main">Politique</category>			<guid isPermaLink="false">86@http://blogs.hurdfr.org/</guid>
						<description>&lt;p&gt;Dans nos soci&amp;#233;t&amp;#233;s dites d&amp;#233;mocratiques, nous sommes, en tant qu'individus, libres de nos actions, de nos mouvements, de consommer ce que nous d&amp;#233;sirons et de voter pour qui nous le souhaitons.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous sommes tous conscients du fait que cette libert&amp;#233; nous laisse fr&amp;#233;quemment le choix entre des actions bonnes et d'autres moins bonnes ; par exemple, nous pouvons acheter des produits respectueux de l'environnement et issus du commerce &amp;#233;quitable, mais nous pouvons &amp;#233;galement nous tourner vers d'autres qui sont polluants et produits par des enfants esclaves.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cependant, dans nos soci&amp;#233;t&amp;#233;s, on peut esp&amp;#233;rer que chacun reconna&amp;#238;t comme bons un certain nombre de principes, comme dans cet exemple le fait qu'il faille prot&amp;#233;ger l'environnement, respecter la dignit&amp;#233; et le travail de chaque &amp;#234;tre humain ainsi que les droits de l'enfant. Dans nos supermarch&amp;#233;s, nous avons donc au quotidien le choix entre un bien et un mal reconnus par tous.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous, humains libres, cherchons le bien commun. Pourquoi alors ne pas expulser ces produits mal&amp;#233;fiques de nos rayons ? Pour une raison simple : avoir &amp;#233;galement la libert&amp;#233; de faire le mal est une plus grande libert&amp;#233; qu'&amp;#234;tre contraint &amp;#224; participer au bien.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Esp&amp;#233;rant que chacun va faire une bonne action, nous continuons cependant &amp;#224; offrir &amp;#224; chacun la possibilit&amp;#233; de mal agir. Et nous constatons, en tout cas jusqu'&amp;#224; pr&amp;#233;sent, de grands &amp;#233;checs : malgr&amp;#233; une multiplication des campagnes d'information et une conscience largement r&amp;#233;pandue de ces probl&amp;#232;mes au sein de la population, l'environnement ne sera pas sauv&amp;#233; par les &amp;#233;co-labels, et l'on n'enrichira pas les milliards de pauvres habitant cette plan&amp;#232;te gr&amp;#226;ce au commerce &amp;#233;quitable. Pourtant, sur le plan de la conscience, ces initiatives sont parfaites, car, sans aucune contrainte ou atteinte &amp;#224; la libert&amp;#233;, elles ne reposent que sur la libre initiative et action volontaire de chacun pour tenter de changer le monde.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Devant cet &amp;#233;chec, la tentation est donc de passer de l'information &amp;#224; la sensibilisation, c'est-&amp;#224;-dire du plan de la rationnalit&amp;#233; &amp;#224; celui de l'&amp;#233;motionnel et de l'inconscient. Ainsi entend-on de nombreux politiques et activistes proposer des campagnes destin&amp;#233;es &amp;#224; de tr&amp;#232;s jeunes enfants ou ayant recours &amp;#224; des images particuli&amp;#232;rement choquantes. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cependant, si l'information et l'explication sont les conditions indispensables au raisonnement et donc &amp;#224; une v&amp;#233;ritable libert&amp;#233;, que repr&amp;#233;sente cette sensibilisation sinon son contraire m&amp;#234;me, une tentative d'influencer l'humain par ses &amp;#233;motions et son inconscient, qui sont des forces que sa raison ne contr&amp;#244;le que tr&amp;#232;s partiellement et qui au contraire peuvent venir surpasser le contr&amp;#244;le de la raison ? Cette sensibilisation vient donc simplement nier le principle de libert&amp;#233; pr&amp;#233;valant &amp;#224; la base ; lorsqu'un individu ou une organisation fait simplement l'apologie des deux, on ne peut donc le qualifier que d'hypocrite.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Faut-il pour autant renoncer aux bienfaits entrevus ? &amp;#201;videmment non. Un simple principe de d&amp;#233;mocratie voudrait que quelque chose qui est consid&amp;#233;r&amp;#233; comme nuisible par tous puisse &amp;#234;tre interdit. Une autre m&amp;#233;thode, n'employant aucun interdit, est de s'interroger sur les causes de l'&amp;#233;chec.&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;item_footer&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;small&gt;&lt;a href=&quot;http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/03/22/liberte_conditionnee&quot;&gt;Original post&lt;/a&gt; blogged on &lt;a href=&quot;http://b2evolution.net/&quot;&gt;b2evolution&lt;/a&gt;.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans nos soci&#233;t&#233;s dites d&#233;mocratiques, nous sommes, en tant qu'individus, libres de nos actions, de nos mouvements, de consommer ce que nous d&#233;sirons et de voter pour qui nous le souhaitons.</p>

<p>Nous sommes tous conscients du fait que cette libert&#233; nous laisse fr&#233;quemment le choix entre des actions bonnes et d'autres moins bonnes ; par exemple, nous pouvons acheter des produits respectueux de l'environnement et issus du commerce &#233;quitable, mais nous pouvons &#233;galement nous tourner vers d'autres qui sont polluants et produits par des enfants esclaves.</p>

<p>Cependant, dans nos soci&#233;t&#233;s, on peut esp&#233;rer que chacun reconna&#238;t comme bons un certain nombre de principes, comme dans cet exemple le fait qu'il faille prot&#233;ger l'environnement, respecter la dignit&#233; et le travail de chaque &#234;tre humain ainsi que les droits de l'enfant. Dans nos supermarch&#233;s, nous avons donc au quotidien le choix entre un bien et un mal reconnus par tous.</p>

<p>Nous, humains libres, cherchons le bien commun. Pourquoi alors ne pas expulser ces produits mal&#233;fiques de nos rayons ? Pour une raison simple : avoir &#233;galement la libert&#233; de faire le mal est une plus grande libert&#233; qu'&#234;tre contraint &#224; participer au bien.</p>

<p>Esp&#233;rant que chacun va faire une bonne action, nous continuons cependant &#224; offrir &#224; chacun la possibilit&#233; de mal agir. Et nous constatons, en tout cas jusqu'&#224; pr&#233;sent, de grands &#233;checs : malgr&#233; une multiplication des campagnes d'information et une conscience largement r&#233;pandue de ces probl&#232;mes au sein de la population, l'environnement ne sera pas sauv&#233; par les &#233;co-labels, et l'on n'enrichira pas les milliards de pauvres habitant cette plan&#232;te gr&#226;ce au commerce &#233;quitable. Pourtant, sur le plan de la conscience, ces initiatives sont parfaites, car, sans aucune contrainte ou atteinte &#224; la libert&#233;, elles ne reposent que sur la libre initiative et action volontaire de chacun pour tenter de changer le monde.</p>

<p>Devant cet &#233;chec, la tentation est donc de passer de l'information &#224; la sensibilisation, c'est-&#224;-dire du plan de la rationnalit&#233; &#224; celui de l'&#233;motionnel et de l'inconscient. Ainsi entend-on de nombreux politiques et activistes proposer des campagnes destin&#233;es &#224; de tr&#232;s jeunes enfants ou ayant recours &#224; des images particuli&#232;rement choquantes. </p>

<p>Cependant, si l'information et l'explication sont les conditions indispensables au raisonnement et donc &#224; une v&#233;ritable libert&#233;, que repr&#233;sente cette sensibilisation sinon son contraire m&#234;me, une tentative d'influencer l'humain par ses &#233;motions et son inconscient, qui sont des forces que sa raison ne contr&#244;le que tr&#232;s partiellement et qui au contraire peuvent venir surpasser le contr&#244;le de la raison ? Cette sensibilisation vient donc simplement nier le principle de libert&#233; pr&#233;valant &#224; la base ; lorsqu'un individu ou une organisation fait simplement l'apologie des deux, on ne peut donc le qualifier que d'hypocrite.</p>

<p>Faut-il pour autant renoncer aux bienfaits entrevus ? &#201;videmment non. Un simple principe de d&#233;mocratie voudrait que quelque chose qui est consid&#233;r&#233; comme nuisible par tous puisse &#234;tre interdit. Une autre m&#233;thode, n'employant aucun interdit, est de s'interroger sur les causes de l'&#233;chec.</p><div class="item_footer"><p><small><a href="http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/03/22/liberte_conditionnee">Original post</a> blogged on <a href="http://b2evolution.net/">b2evolution</a>.</small></p></div>]]></content:encoded>
								<comments>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/03/22/liberte_conditionnee#comments</comments>
			<wfw:commentRss>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/?tempskin=_rss2&#38;disp=comments&#38;p=86</wfw:commentRss>
		</item>
				<item>
			<title>&#201;colop&#233;tainisme</title>
			<link>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/03/22/ecolopetainisme</link>
			<pubDate>Sat, 22 Mar 2008 14:11:46 +0000</pubDate>			<dc:creator>HappyPeng</dc:creator>
			<category domain="main">Politique</category>			<guid isPermaLink="false">85@http://blogs.hurdfr.org/</guid>
						<description>&lt;p&gt;Avec la prise de conscience aujourd'hui g&amp;#233;n&amp;#233;ralis&amp;#233;e de l'existence incontestable de graves probl&amp;#232;mes environnementaux, et au vu de l'enjeu ultime de leur solution qui est la sauvegarde de notre plan&amp;#232;te et donc la survie de notre esp&amp;#232;ce, il est tentant de vouloir analyser nos soci&amp;#233;t&amp;#233;s du point de vue exclusif de l'&amp;#233;cologie.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La cause des dommages environnementaux, c'est l'activit&amp;#233; humaine, donc, le responsable, c'est l'homme. Au tribunal de la plan&amp;#232;te, ces faits &amp;#233;tant indubitables, l'humanit&amp;#233; est coupable.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce qui pollue, c'est la production et la consommation. Si nous polluons, c'est que nous produisons trop, donc que nous voulons devenir trop riches ; c'est la cupidit&amp;#233; de l'homme qui tue la plan&amp;#232;te. Or, tous les codes l'affirment, la cupidit&amp;#233; est un p&amp;#233;ch&amp;#233; ; si l'homme pollue, c'est donc qu'il est moralement d&amp;#233;faillant. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;De la m&amp;#234;me fa&amp;#231;on, si nous polluons, c'est que nous consommons trop, donc que nous pensons que le bonheur est dans l'accumulation et le plaisir mat&amp;#233;riels ; c'est le mat&amp;#233;rialisme de l'homme qui tue la plan&amp;#232;te, donc son absence de spiritualit&amp;#233; et d'&amp;#233;l&amp;#233;vation morale.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les probl&amp;#232;mes environnementaux sont donc la preuve ultime que l'homme est intrins&amp;#232;quement mauvais.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;#201;tant mauvais, la destin&amp;#233;e de la plan&amp;#232;te ne peut lui &amp;#234;tre confi&amp;#233;e ; il doit donc &amp;#234;tre plac&amp;#233; sous tutelle de quelque chose de meilleur que lui, Dieu, la morale ou la tradition, dont certains individus &amp;#233;clair&amp;#233;s devront se porter garants et auxquels les autres devront n&amp;#233;cessairement se soumettre.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ceci est parfaitement coh&amp;#233;rent avec le fait que les soci&amp;#233;t&amp;#233;s traditionnelles, pr&amp;#233;-modernes, ne connaissaient pas les probl&amp;#232;mes environnementaux. On peut donc ais&amp;#233;ment corr&amp;#233;ler l'apparition des&lt;br /&gt;
m&amp;#233;canismes qui vont d&amp;#233;truire la plan&amp;#232;te avec les d&amp;#233;buts de la modernit&amp;#233; et ses &amp;#233;v&amp;#232;nements fondateurs, comme les Lumi&amp;#232;res.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ainsi, les progressistes n'auront &amp;#233;t&amp;#233;, au mieux, avec leurs id&amp;#233;es de Libert&amp;#233;, de Raison et de Science, que des r&amp;#234;veurs, car ce qu'en fin de compte ils nous auront apport&amp;#233;, c'est la catastrophe ; ces concepts sont donc &amp;#224; subordonner aux nouveaux objectifs de sauvegarde et donc &amp;#224; la morale &amp;#224; pr&amp;#233;server. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ces id&amp;#233;es sont-elles nouvelles ? Non, elles portent un nom : le conservatisme. Face &amp;#224; un imp&amp;#233;ratif ultime et par cons&amp;#233;quent inqui&amp;#233;tant, le profond d&amp;#233;sir de retourner au monde des traditions mill&amp;#233;naires, suppos&amp;#233;es stables, d&amp;#233;non&amp;#231;ant donc les &amp;#233;v&amp;#232;nements ayant abouti &amp;#224; leur destitution, et, au final, niant les Lumi&amp;#232;res, avec les cons&amp;#233;quences que l'on peut imaginer.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;De tout ceci je tire une le&amp;#231;on : m&amp;#234;me si l'environnement est un enjeu r&amp;#233;cent et fondamental, il ne modifie pas en profondeur le paysage id&amp;#233;ologique.&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;item_footer&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;small&gt;&lt;a href=&quot;http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/03/22/ecolopetainisme&quot;&gt;Original post&lt;/a&gt; blogged on &lt;a href=&quot;http://b2evolution.net/&quot;&gt;b2evolution&lt;/a&gt;.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Avec la prise de conscience aujourd'hui g&#233;n&#233;ralis&#233;e de l'existence incontestable de graves probl&#232;mes environnementaux, et au vu de l'enjeu ultime de leur solution qui est la sauvegarde de notre plan&#232;te et donc la survie de notre esp&#232;ce, il est tentant de vouloir analyser nos soci&#233;t&#233;s du point de vue exclusif de l'&#233;cologie.</p>

<p>La cause des dommages environnementaux, c'est l'activit&#233; humaine, donc, le responsable, c'est l'homme. Au tribunal de la plan&#232;te, ces faits &#233;tant indubitables, l'humanit&#233; est coupable.</p>

<p>Ce qui pollue, c'est la production et la consommation. Si nous polluons, c'est que nous produisons trop, donc que nous voulons devenir trop riches ; c'est la cupidit&#233; de l'homme qui tue la plan&#232;te. Or, tous les codes l'affirment, la cupidit&#233; est un p&#233;ch&#233; ; si l'homme pollue, c'est donc qu'il est moralement d&#233;faillant. </p>

<p>De la m&#234;me fa&#231;on, si nous polluons, c'est que nous consommons trop, donc que nous pensons que le bonheur est dans l'accumulation et le plaisir mat&#233;riels ; c'est le mat&#233;rialisme de l'homme qui tue la plan&#232;te, donc son absence de spiritualit&#233; et d'&#233;l&#233;vation morale.</p>

<p>Les probl&#232;mes environnementaux sont donc la preuve ultime que l'homme est intrins&#232;quement mauvais.</p>

<p>&#201;tant mauvais, la destin&#233;e de la plan&#232;te ne peut lui &#234;tre confi&#233;e ; il doit donc &#234;tre plac&#233; sous tutelle de quelque chose de meilleur que lui, Dieu, la morale ou la tradition, dont certains individus &#233;clair&#233;s devront se porter garants et auxquels les autres devront n&#233;cessairement se soumettre.</p>

<p>Ceci est parfaitement coh&#233;rent avec le fait que les soci&#233;t&#233;s traditionnelles, pr&#233;-modernes, ne connaissaient pas les probl&#232;mes environnementaux. On peut donc ais&#233;ment corr&#233;ler l'apparition des<br />
m&#233;canismes qui vont d&#233;truire la plan&#232;te avec les d&#233;buts de la modernit&#233; et ses &#233;v&#232;nements fondateurs, comme les Lumi&#232;res.</p>

<p>Ainsi, les progressistes n'auront &#233;t&#233;, au mieux, avec leurs id&#233;es de Libert&#233;, de Raison et de Science, que des r&#234;veurs, car ce qu'en fin de compte ils nous auront apport&#233;, c'est la catastrophe ; ces concepts sont donc &#224; subordonner aux nouveaux objectifs de sauvegarde et donc &#224; la morale &#224; pr&#233;server. </p>

<p>Ces id&#233;es sont-elles nouvelles ? Non, elles portent un nom : le conservatisme. Face &#224; un imp&#233;ratif ultime et par cons&#233;quent inqui&#233;tant, le profond d&#233;sir de retourner au monde des traditions mill&#233;naires, suppos&#233;es stables, d&#233;non&#231;ant donc les &#233;v&#232;nements ayant abouti &#224; leur destitution, et, au final, niant les Lumi&#232;res, avec les cons&#233;quences que l'on peut imaginer.</p>

<p>De tout ceci je tire une le&#231;on : m&#234;me si l'environnement est un enjeu r&#233;cent et fondamental, il ne modifie pas en profondeur le paysage id&#233;ologique.</p><div class="item_footer"><p><small><a href="http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/03/22/ecolopetainisme">Original post</a> blogged on <a href="http://b2evolution.net/">b2evolution</a>.</small></p></div>]]></content:encoded>
								<comments>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/2008/03/22/ecolopetainisme#comments</comments>
			<wfw:commentRss>http://blogs.hurdfr.org/index.php/happypeng/?tempskin=_rss2&#38;disp=comments&#38;p=85</wfw:commentRss>
		</item>
			</channel>
</rss>

